Souffrance et espoir


Seigneur,

j'étais fait pour vivre cent ans.
Et les événements de la vie m'avaient
taillé sur mesure pour le poste où l'on
venait de me nommer.
J'étais la personne toute désignée
pour remplir cette tâche.

Mais voilà qu'un mal mortel
s'est emparé de moi.
Mes os se carient, ma force se dilue,
mon regard s'éteint.

Trois mois d'hôpital déjà!
Alors que j'avais vingt ans de "carrière"
devant moi!

Mais, à tes yeux, Seigneur,
trois mois d'hôpital valent bien
vingt ans de travail!
Cela je l'ai compris petit à petit...
sur mon lit de douleurs.

La souffrance est un grand maître:
elle relativise bien des choses,
elle nous ramène à l'essentiel.
Et l'essentiel, c'est toi
rien que toi.

Ceux-là qui parlent ou écrivent
sur la souffrance
ne savent pas ce qu'ils disent,
s'ils n'ont pas vraiment souffert.
Et ils feraient bien mieux de se taire!

S'il est vrai que tu écris droit
sur les lignes courbes de nos vies,
il n'est pas toujours facile de te lire,
laisse-moi te le dire.
J'en ai mis du temps
avant de pouvoir te décoder!
J'en ai lancé des "pourquoi?"
vers ton ciel!
Mais, aujourd'hui,
je n'essaie même pas de comprendre!
Je me contente d'accepter...
Je suis en paix,
même si la douleur ne m'a pas quitté.

Reçois-moi
sur ta croix,
avant de me recevoir
dans tes bras,
sur le seuil de ta grande maison.
Ne me laisse pas
pour que je ne te laisse pas.
Je suis au dernier tournant
de la route qui me conduit à toi.

Marche avec moi,
tends-moi la main.

Je t'aime
et je t'aimerai toujours.

                                                         Auteur: Jules Beaulac
 
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