Frappe à ma porte



Je sais, ma porte est constamment fermée;
Je n’en connais pas vraiment les raisons !
Peut-être suis-je un peu trop frileux
de rencontrer, d’accueillir, de prendre parti ?
Peut-être n’ai-je pas suffisamment d’audace
pour entreprendre un dialogue, une relation ?




Aujourd’hui, je sais que tu viens chez moi;
Et pourtant, je n’ai pas encore ouvert ma porte !
D’où me vient cette crainte de l’extérieur ?
Ne viens-tu donc pas en ami, en frère ?
Pourquoi hésitai-je tant à te faire passer mon seuil ?
Quelle indisposition me pousse à ne pas ouvrir ?




Même si ma porte est close, ne passe pas outre !
Prends le risque de t’arrêter, de frapper un coup;
Peut-être que je ne t’ai pas entendu venir,
peut-être que j’étais distrait, que je ne regardais pas !
Je t’en prie, Seigneur, ne passe pas tout droit !
Si tu te déplaces pour moi, ce doit être important !




Peut-être porteras-tu les vêtements d’un autre ?
Te présenteras-tu à moi tel que je t’imagine ?
Si non, saurais-je te reconnaître dans l’inconnu ?
Il te faudra peut-être te manifester ouvertement,
dire une parole qui ouvrira mon cœur de Thomas,
poser ce geste d’Emmaüs en partageant mon repas !




J’exige beaucoup et toi tu demandes si peu :
Une simple porte ouverte et une lampe allumée !
Je sais que je ne peux ouvrir sans risquer mon visage :
Si tu viens me redonner le sens de l’accueil,
accorde-moi aussi la force de m’engager :
Frappe à ma porte, toi qui viens me déranger.



                             Auteur: Marc Benoit©



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