Prête-moi un peu de toi, Seigneur
!
Puisque tu es en moi, que
tu es présence,
Je veux te percevoir, te
sentir de plus en plus.
Fort de vibrer à ce
sentiment d’appartenance,
Je viens t’offrir mon
entité, mon unicité.

Même si elles sont
malhabiles, je t’offre mes mains
Pour que tu puisses
toucher l’épaule d’un puissant,
Serrer la main d’un
serviteur éveillé et fidèle,
Caresser la joue d’un
affligé, d’un doux, d’un révolté.

Même s’ils sont souvent
croisés, je t’offre mes bras
Pour que tu relèves ton
disciple harassé, écroulé,
Que tu puisses bercer un
orphelin, un enfant de la guerre
Et accueillir,
tantôt une naissance, tantôt un mourant.

Même s’ils sont fatigués,
je t’offre mes pieds hésitants,
Pour que tu ailles à la
rencontre de celui qui t’ignore,
Cheminer avec le
désespéré vers un quelconque Emmaüs,
Parcourir le désert avec
l’ermite qui cherche la vérité.

Même s’il est parsemé de
ténèbres, je t’offre mon cœur
Pour qu’un itinérant et
un esseulé y trouvent un refuge,
Que le pécheur voit
briller l’espérance de ton pardon,
Que le monde connaisse la
grandeur de ton amour.

Prête-moi un peu de toi,
ce peu dont j’ai tant besoin
Pour devenir un témoin
fidèle, droit et authentique.
Laisse-moi aussi demeurer
en partie moi-même;
On reconnaîtra
que c’est l’un des leurs qui vit par toi.
Auteur: Marc Benoît©
marc.benoit@cgocable.ca
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