Le mystère de la Trinité



Quand j'étais haut comme trois pommes,
il arrivait de temps en temps  que mes parents me disaient:
 " Ça, c'est un mystère,  ne cherche pas à comprendre. "


Et puis, quand je suis allé à l'école,
on m'a appris  ce que c'était qu'un mystère:
" Une vérité  qu'on ne peut pas comprendre,
mais qu'on doit croire, parce que c'est Dieu qui l'a révélée. "


Mais, avec le temps,  j'ai fini par penser
qu'un mystère c'est avant tout un secret de Dieu.
Un secret que je ne comprends bien  qu'avec l'intelligence de mon coeur...
à mesure que nous devenons plus intimes  Dieu et moi.
Comme deux amoureux !


Car, ceux qui s'aiment, on le sait bien, partagent entre
 eux seuls leurs secrets.
Et, plus ils s'aiment, plus ils se connaissent,
plus ils pénètrent dans l'intimité de l'autre.


C'est peut-être cela  que ma mère veut me rappeler parfois
quand elle me dit: " Tu es encore trop jeune  pour comprendre cela !
Quand tu auras soixante ans,  tu comprendras peut-être ! "


Beaucoup de savants ont cherché à comprendre
le mystère de la Trinité.  Ils ont écrit de gros livres difficiles à lire
et donné de nombreux cours difficiles à suivre.
Ils se sont arrachés le reste de leurs cheveux
à essayer de saisir une parcelle de ce grand mystère.
Et pourtant, il aurait suffi d'aimer.
Seuls, ceux qui ont accepté d'être aimés
par Dieu et de l'aimer y ont réussi.


Dieu se fait connaître  aux petits, aux humbles, aux simples.
Dieu se donne à aimer et à comprendre dans le dialogue
intime et amoureux  de la prière, de la présence à
l'autre, du silence fécond,  de l'écoute attentive.


Et alors,  on arrête de jongler avec les concepts de nature
et de personnes, d'unité et de trinité.
Et, petit à petit,  on découvre, émerveillé, que Dieu n'est
rien qu'Amour, qu'il ne peut être que trois, comme l'amour
éclaté du père, de la mère et de l'enfant.
Petit à petit, à mesure que l'on aime et que l'on est aimé.

Car, Dieu s'apprend,  non pas d'abord avec la tête,
  mais avec le coeur !




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