Dès que je trouvais tes paroles, je les dévorais       
(Jr 15, 16.)


Il m’arrive souvent, de nuit, de me réfugier seul au désert,
Non pas pour me mortifier ni pour fuir mon engagement.
Ton Fils m’a montré qu’à cet endroit, je pourrais te trouver,
Dans ce refuge où l’austérité m’empêchera de m’endormir.


Comme je suis un grand bavard qui ne sait plus t’écouter,
Cette retraite m’invite à me taire, à entrer en moi-même.
Je trouve très peu de paix à laisser parler mon intérieur;
Il sait me déranger, me bousculer, mais je ne désespère pas.


Je croyais qu’il était facile de prendre l’attitude de l’ascète,
D’attendre patiemment que tu descendes à ma rencontre.
Voilà que je me surprends encore à te parler, sans m’arrêter.
J’ai besoin de ton aide pour pouvoir vivre dans le silence.


J’ai beau écouter, mais mon cœur fait tellement de bruit,
Et je sais que tu ne t’adresseras pas à moi dans le tumulte.
J’envie ton prophète qui avait appris à se nourrir de toi;
Puis-je encore espérer en ma capacité à faire silence?


Je me tais; le vent de l’Esprit souffle sur mon ermitage.
Soudain, je constate que ma faim de toi s’estompe;
Je deviens ce choisi qui te porta un jour cette louange :
Mon Dieu, dès que je trouvais tes paroles, je les dévorais.



                                                            Auteur: Marc Benoit©



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