Le pélerin ne fixe pas lui-même sa démarche.
( Jr 10, 23 )



Un jour, je fus présenté à une de tes communautés priantes;
Elle se prit d’affection pour moi, me nomma comme disciple.
Je croyais bien avoir trouvé ma place, mon lieu d’apostolat;
Je croyais ne pas avoir à te chercher plus longtemps, plus loin.


Tu me tendis un bâton de pèlerin, sans besace ni manteau;
Tu m’indiquas un sentier nouveau, un chemin moins fréquenté.
J’ai pris la route, sans vraiment chercher à comprendre pourquoi.
Quittant les disciples, j’ai accepté, pour toi, mon obédience.


J’étais assuré que tu me conduirais vers mes semblables;
Gens solides dans leur foi, gens de partage et de prière,
Là où mes pas auraient tant voulu me conduire, m’entraîner.
Tu osas me proposer la présence des distants, des souffrants.


Je me sentais tellement bien dans la quiétude de ma communauté,
À partager la même conviction, à parler le même langage.
Tu as voulu que je me désinstalle, que j’abandonne ma tente;
J’ai dû relever le défi d’une nouvelle approche, d’un nouveau discours.


Maintes fois, au cœur de ma mission, j’ai douté de la route à prendre.
Le chemin que j’empruntais était tellement loin de mes aspirations.
Tu m’avais investi du mandat de te faire connaître aux affligés;
Je ne connaissais rien de leur état et pourtant, tu as cru en moi.


Désormais, je n’oserai plus devancer, en pensée, tes projets;
J’accepte d’être ce pèlerin qui va où l’Esprit le conduit, l’appelle.
L’important n’est pas la nature de la route, mais le cœur du message.
Je suis pèlerin d’une Parole, d’un Royaume, peu importe la route
.


                                     Auteur: Marc Benoit©




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