Devant Pilate


Tout le monde est lâche, un jour ou l’autre. On est lâche
parce qu’on pense que c’est l’unique façon
de se protéger et de conserver ses avantages.
Tant pis si les conséquences sont mauvaises pour
d’autres! Au lieu de défendre celui et celle
qui sont ridiculisés, on préfère se détourner :
on risquerait de se moquer de nous aussi.


On ferme les yeux sur ceux qui se pavanent
dans leurs infractions à la loi, on s’éloigne
de celui qui a mauvaise réputation, on ne tient pas
à être vu avec celle qui sort de prison, on ne prend
pas position en public, on ne s’affirme pas chrétien,
on fait l’ignorant devant le mal qui s’accomplit. Parfois
même des gouvernements sont lâches : pour garder
leurs électeurs, ils acceptent que l’exclusion et
l’intolérance s’installent dans leur propre pays.
Etre lâche, c’est se taire et laisser pratiquer
l’injustice. Par intérêt. Désormais, parmi les victimes
de la lâcheté humaine, il faut compter Jésus le Christ!


D’une foule, on peut faire ce qu’on veut. Les dictateurs
et les hommes de pouvoir le savent. Dans les foules
rassemblées en masse, la conscience libre de chacun
cède la place au trouble plaisir de faire comme
tout le monde. Celui qui crie le premier est suivi
par tous les autres. A une foule on peut inoculer
la haine de l’étranger ou lui désigner les coupables
à lyncher (à battre). On peut lui transmettre le
racisme ou lui communiquer le sentiment d’être
supérieur à tous les autres. On peut lui faire
croire que le bonheur se trouve dans la consommation,
ou qu’on n’a pas besoin de Dieu ou qu’il faut
d’abord s’occuper de soi et de son pays, ou que
la beauté du corps vient avant le développement
de l’esprit. C’est facile : il suffit de manipuler les
foules avec des sondages, avec de la publicité
ou avec de la mode, ou avec la télévision, les journaux
ou des discours charmeurs. Désormais, parmi les
victimes de la foule manipulée, on compte Jésus le Christ.


Dans le monde entier, des vivants sont condamnés par
des caricatures de tribunaux, parce que leurs
pensées et leurs paroles sont considérées comme
dangereuse par les chefs du pays : ils parlent
d’égalité pour tous, de terre à distribuer aux plus
pauvres, de droits identiques pour tous. Ils sont
emprisonnés parce qu’ils veulent pratiquer leur religion,
parce qu’ils dévoilent l’injustice, le vol et la corruption
régnant parmi les dignitaires. Ils sont torturés parce
qu’on veut les faire souffrir pour les empêcher
d’appeler encore à la liberté.
Est-il possible d’accepter cela?
Être chrétien, c’est lutter avec d’autres pour
dénoncer et arrêter ces pratiques. Désormais,
parmi les torturés, on compte Jésus le Christ.

Et te voici, Seigneur, arrêtant de courir, sortant du
faux tribunal, remontant de la cave! Tu n'es plus seul!
Tant d'autres s'avancent avec toi en plein soleil:
sur eux, tu poses tes mains blessées, en disant:
"Les voici, regardez-les! Ce sont mes frères et mes soeurs!"


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