Je
n'arrive pas à y croire
Au terme de 30 années de service chez American
Airlines,
je pris ma retraite. J'avais 50 ans. À cette étape
de ma vie,
je commençai enfin à faire ce que Dieu me
réservait pour la
seconde moitié de mon existence: inspirer les
autres, les motiver
et créer des moments précieux.
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En juin 1995, j'arrêtai à la station-service du
coin où j'achète
régulièrement de l'essence et, parfois, un billet
de loterie. Ce
soir-là, c'était Millie qui travaillait, une jeune
femme aimable,
aimante et souriante qui avait toujours un mot
gentil pour ses
clients. Comme d'habitude, nous échangeâmes
quelques blagues.
Pour la taquiner, je lui dis que je lui donnerais
1,000$ si je gagnais
le gros lot de 10 millions de dollars. Millie
rétorqua que si je gagnais,
j'allais devoir l'amener manger à Paris ( et elle
ne faisait pas illusion
à la ville qui porte le même nom au Texas). Nous
rîmes de bon coeur.
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De retour dans ma voiture, je songeai à un fait
intéressant: pour moi,
les mots " gros lot " signifiaient 10 millions de
dollars; pour Millie,
ils signifiaient un repas au restaurant à Paris.
Millie ignorait que
j'avais travaillé pendant longtemps pour un
transporteur aérien.
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Vers le 21 décembre de la même année, j'arrêtai de
nouveau à
la station-service. Millie était à son poste. Je
lui tendis une carte
de Noël et lui demandai de la lire en ma présence.
Millie ouvrit la
carte et commença à lire:
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Chère Millie,
Le 17 juin 1995, tu m'as vendu ce billet de
loterie (ci-joint).
Et bien, je n'ai pas gagné 10 millions de dollars,
mais toi, tu as
décroché le gros lot. Choisis une date en
1996, fais tes valises et
prépare ton passeport pur un voyage gastronomique
à Paris.
Je t'offre ce cadeau parce que tu ne ménages aucun
effort pour
faire sentir à tous ceux qui t'entourent qu'ils
sont importants.
Merci. Que Dieu te bénisse. Passe un joyeux Noël.
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Millie ne put se contenir. Elle sautait
littéralement de joie
dans sa petite cabine. J'avais moi-même de la
difficulté à garder
mon calme. À ce moment précis, au plus profond de
mon âme, je
compris que je venais de faire vivre un moment
inoubliable à une
personne qui comptait dans ma vie.
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Au cours des semaines qui suivirent, je revis
Millie à plusieurs
reprises. Chaque fois que j'arrivais à la
station-service, son
visage s'illuminait. À travers la porte
entrouverte, elle me prenait
par le cou et m'embrassait. Elle me disait à quel
point " elle
n'arrivait pas à y croire ", qu'elle avait
téléphoné à sa mère,
qu'elle avait appris la nouvelle à son patron et
ainsi de suite.
Toutefois, c'est la phrase suivante qui me toucha
le plus:
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" Mary Ann, il est inscrit dans mon testament que
si je meurs
avant d'avoir mangé à Paris, je veux que l'on
disperse mes
cendres au-dessus de cette ville ".
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Auteur: Mary Ann Dockins
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