Peut-être que oui, peut-être que non !
( Texte à réflexion )
Un jour, un fermier perdit le plus beau de ses
chevaux qui s'était enfui dans la forêt. Ses voisins,
apprenant la nouvelle, vinrent en disant:
" N'est-ce pas un grand malheur ? "
Le fermier répondit:
" Peut-être. "
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Le lendemain, le cheval revint à la ferme avec
trois autres chevaux de race. Les voisins s'empressèrent
de lui dire:
" Quelle grande joie doit être la vôtre ! "
Le fermier répondit:
" Peut-être. "
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Quelques jours plus tard, son fils se fractura une
jambe en voulant dompter un de ces chevaux.
Les voisins accoururent pour lui dire:
" Quelle grande douleur ! "
Le fermier répondit:
" Peut-être. "
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Le lendemain, des militaires visitaient les fermes
afin de recruter des jeunes gens pour aller à la guerre.
Le fils du fermier, handicapé par sa fracture de la jambe,
ne fut pas enrôlé.
Les voisins s'empressèrent de lui parler
de sa chance...
et le fermier de répondre:
" Peut-être. "
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Peut-être que oui, peut-être que non: qui sait ce qui
va arriver demain ?
Le fermier de l'histoire a acquis une sagesse que l'on
aimerait posséder soi-même. La sagesse de prendre les
évènements comme ils arrivent, sans joie excessive, ni regret,
sans révolte, sans résignation, mais avec la confiance sereine
que tôt ou tard, on découvrira leur véritable signification.
On a plutôt tendance à considérer les évènements en fonction
de ce qu'on attendait et à rechercher dans le passé le sens de ce
qui arrive:
" Cela aurait dû se passer ainsi "
ou
" Cela s'est passé comme ça devait se passer. "
On regrette ou bien on se réjouit selon que l'évènement
est favorable ou non à ses yeux.
Et si on faisait confiance au futur ? La vie s'inscrit dans
le temps. Les évènements vécus aujourd'hui sont indifférents
en eux-mêmes; ils ne prennent leur signification qu'avec le temps.
C'est après un certain temps que l'on comprends
pourquoi il en a été ainsi.
" Ce que la chenille appelle la fin du monde, le maître
l'appelle un papillon. "
Cette parole de Richard Bach rappelle que la vie va dans
le sens de la croissance.
Les personnes sereines prennent les évènements comme
ils se présentent:
elles en relativisent la portée immédiate. Par ailleurs,
elles savent qu'ils constituent le fil conducteur de leur
histoire. Avec du recul, elles découvrent un sens à leur
existence passée et une raison à tout ce qui leur est arrivé.
La sérénité que l'on a en vieillissant est très souvent liée
à la satisfaction d'avoir été ce qu'on devait être et à la
conviction de continuer à le devenir.
Ce sentiment de plénitude et de continuité dispose à
accueillir les évènements tels qu'ils se présentent.
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