Le poids des habitudes
( texte à réflexion )
( L'autobiographie de la vie en cinq actes. )
-1-
Un jour je descendais la rue.
Il y avait un trou profond dans le trottoir.
Je suis tombée dedans.
J'étais perdu... j'étais désespéré.
Ce n'était pas de ma faute,
il me fallut longtemps pour en sortir.
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-2-
Un autre jour, je descendis la même rue.
Il y avait un trou profond dans le trottoir.
Je faisais semblant de ne pas le voir.
Je tombai dedans à nouveau.
J'ai eu mal à croire que j'étais au même endroit.
Mais ce n'était pas de ma faute.
Il m'a fallu encore longtemps pour en sortir.
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-3-
Une fois encore, je descendis la même rue.
Il y avait un trou profond dans le trottoir.
Je le voyais bien,
j'y retombai quand même... c'était devenu une habitude.
J'avais les yeux ouverts,
je savais où j'étais.
Cette fois, j'admettais que c'était bien ma faute.
Je ressortis immédiatement.
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-4-
Plus tard, je descendis la même rue.
Il y avait un trou dans le trottoir.
Je le contournai.
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-5-
Encore plus tard,
j'empruntai une autre rue...
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Un individu finit par sortir d'une situation qui causait
son malheur. Après de nombreuses tentatives, il y est enfin
arrivé. Et si on décidait de poursuivre l'histoire... Qu'adviendrait-il
de cet individu qui décide finalement de prendre une autre rue ?
Notre connaissance de la vie et des situations de ce genre nous
permet de prévoir la suite. Une période de transition commencera
pour l'individu. Une période d'errance. Il aura de la difficulté à
vivre, un doute quant à sa nouvelle voie, comme le sentiment de s'être
égaré. Cependant, cette période est inévitable et nécessaire, car il pourra
ainsi se retrouver et se réorienter.
Et continuons le jeu... Si l'acteur était une personne du troisième âge...
S'il devait, à cet âge avancé, apporter des changements majeurs
à sa vie... Une question fondamentale se pose:
a-t-on encore la capacité de changer de route quand on a atteint
un certain âge ?
Peut-on par exemple, adopter une autre manière de vivre ou
trouver de nouveaux moyens de faire face aux difficultés
de la vie ?
Selon des recherches récentes, l'individu qui a adopté
une certaine manière d'agir pendant les trois quarts de
sa vie, la conserve durant sa vieillesse. Une marge de
manoeuvre est encore possible, surtout si, dans le passé,
on a montré qu'on est capable de souplesse.
Il est donc possible d'adopter de nouveaux comportements
qui assureront une vieillesse plus heureuse. Mais il faut s'attendre
à une période d'errance. Quelle que soit la période où l'on trouve,
la réorientation se fait à tâtons, voire dans une certaine peur de
l'inconnu.
Auteur: Jean Brunelle, Charlotte Plante
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