Des vêtements pour les pauvres
Le curé d'une banlieue dégradée de Paris chargea
un jour l'écrivain Madeleine Delbrêl, sa bonne paroissienne,
de porter un paquet de vêtements à une famille de non-croyants
qui vivait dans une extrême pauvreté.
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Madeleine prit le colis et se rendit à l'adresse indiquée
par le curé. Elle grimpa les cinq étages de cette H.L.M.
de ciment et remit le paquet à la femme, pâle, fatiguée,
portant un enfant dans ses bras et qui venait de lui ouvrir
la porte.
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La femme la remercia et Madeleine redescendit les
escaliers. Mais à peine avait-elle atteint le rez-de-chaussée
qu'elle entendit des appels.
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C'était la femme du cinquième étage qui hurlait:
" Viens ! Reprends-le ton paquet avec ses chiffons
répugnants !
Nous sommes pauvres, mais nous ne vivons pas d'ordures ! "
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Madeleine remonta. Elle ne put que constater que la femme
avait raison: le colis ne contenait que du linge sale et dégoûtant.
Il s'agissait certainement d'une erreur.
Elle s'excusa et redescendit, honteuse et peinée, ne sachant
que faire.
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Passant devant un fleuriste elle vit un arrangement de
magnifiques roses rouges. Elle l'acheta, revint sur ses pas,
rencontra l'enfant de la femme, lui remit les fleurs en lui disant:
" Tiens, porte-les à ta maman ! "
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Cet enfant fut le premier baptisé du quartier.
" Nourrir les hommes sans les aimer, c'est les traiter
comme du bétail vif; les aimer sans les respecter, c'est les
considérer comme des animaux favoris. "
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