Sobriété et spiritualité



Mon témoignage, c'est le cadeau que je me fais pour rendre hommage
à mon groupe d'appartenance, aux AA ainsi qu'à mon précieux parrain,
qui est toujours là quand j'ai besoin de ses conseils.


Ma sobriété et mon cheminement ont débuté à partir de ma
thérapie, en 1997, après avoir atteint mon bas-fond et avoué
mon impuissance face à mes problèmes de comportement et
de consommation.



Étant le sixième d'une famille de huit enfants, j'ai souffert d'un
immense manque d'amour. Comme j'en voulais toujours de plus en
plus, j'ai tenté, par mon comportement, d'attirer toujours l'attention
sur moi. Il s'en est suivi une sensation de rejet de la part de ma famille.
Par la suite, je me suis éloigné de celle-ci toute ma vie en consommant.



Dès l'âge de trois ans et jusqu'à l'âge de neuf ans, j'ai connu
l'inceste. Il y en avait beaucoup dans ma famille et ma parenté,
à l'insu de mes parents. Ce fait m'a rendu très éveillé face à la
sexualité, et curieux envers la femme. Pour moi, à l'époque, l'amour
et le sexe ne faisaient qu'un, ce qui a eu pour effet de fausser ma
personnalité et ma sexualité. À cause de cela, ma jeunesse s'est
passée dans la peur, la honte, la jalousie, l'orgueil, le défi, la
compétition face à mes frères et soeurs. L'enfant que j'étais
n'était pas capable de prendre sa place dans la famille.



J'ai commencé à consommer drogue et alcool de façon vraiment
régulière à la mort de mon père, vers l'âge de 17 ans. À l'époque,
ce fut ma raison de vivre pour oublier ce manque d'amour familial.
En même temps, j'ai fait la connaissance de la musique, comme
trompettiste, toutes les fins de semaine. Étant musicien dans un
groupe, j'ai connu presque tous les bars de la région de l'Abitibi.
Cela a duré jusqu'à l'âge de 23 ans.



Comme j'en avais assez de cette vie, je suis entré dans les
Forces armées canadiennes pour me discipliner et suivre, pendant
cinq année, un cours d'infirmier auxiliaire. J'ai relevé tous les
défis, sauf celui de ma sobriété. N'en pouvant plus à la fin de
mon engagement dans l'armée, j'ai commencé à consommer de plus
belle, et ma vie n'a été qu'un chemin tortueux à la recherche du
bonheur pour combler le manque d'amour.



Malgré mes problèmes de consommation, j'ai réussi à compléter
mon diplôme d'études collégiales en soins infirmiers, mais j'ai à
peine travaillé dans ce domaine à cause des conditions de travail
qui me rendaient malade, psychologiquement. J'ai continué à consommer
par révolte et par manque d'estime de moi-même.


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