Ma
foi
(suite)
En 1991, ma mère, ma grande amie, ma
confidente,
est décédée à l'âge de 56 ans. Alors c'est
moi qui pris
soin de m'occuper de mon père. C'est-à-dire,
aller faire
son ménage, son lavage et même de
l'accompagner dans
des sorties. Après tout, c'était mon père! Il
avait
besoin d'une autre femme! J'étais là moi, sa
petite
fille, son bébé.

Durant cette année, il fit la rencontre d'une
femme.
Huguette était une femme de grande foi.
J'ai commencé à haïr cette femme.
Pourquoi? Parce qu'elle m'avait tout
simplement
volé mon père. Puis lui, pas mieux, m'avait
abandonné.
Huguette avait vécu son cursillo, mon père
faisait
parti du mouvement des AA. Puis par la suite, il
a également vécu son cursillo.

Donc, ce beau petit couple là, disait qu'il
prierait
pour moi, pour que je sois heureuse et que je
mettes
Dieu dans ma vie. Je croyais en Dieu, j'étais
baptisée, confirmée, remariée depuis dix-huit
ans,
deux beaux enfants, un emploi que j'aimais mais
malheureuse en m'en fendre l'âme.

Mon mariage coulais depuis un an, je ne voyais
plus
mes enfants grandir, j'étais devenue un robot.
J'étais vidée, malheureuse, sur le bord du
suicide.
Toujours avec un faux sourire sur le visage,
mais
avec les semences, c'est-à-dire les prières de
mon père
et celles d'Huguette, celles de ses enfants et
de mon
frère, j'ai vécu le cursillo. À mon arrivée,
j'étais
agressive, révoltée, mais le oui que j'avais
dit pour
vivre cette fin de semaine, était un oui du
fond du
coeur que j'adressais à Dieu. Je lui ai
demandé de
venir rallumer ma flamme et de nourrir ma foi.

Cette foi, qu'aujourd'hui j'arrose comme une
plante
si je veux qu'elle vive et grandisse.
Depuis que j'ai vécu mon cursillo, ma foi se
nourrit
de celle des autres. Des gestes concrets
qu'ensemble nous
posons: engagement dans le milieu,
rassemblements en
communauté, partage de soi, de son temps et de
sa vie.

J'ai besoin de vivre ma foi avec d'autres qui
vivent la
même expérience. C'est avec mes frères et
soeurs que
ma foi grandit, me transforme dans la joie et
m'ouvre
des horizons toujours nouveaux. Ce qui nourrit
le plus
ma foi, c'est la prière. Prier pour moi est
devenu une
priorité de tous les instants. Pour moi et pour
moi seule,
c'est de lui parler comme je vous parle. Avec
mes mots
à moi, parce qu'Il me connaît, Il sait comment
je suis.
Après tout, c'est mon créateur.

L'été dernier, j'ai eu une grosse décision à
prendre.
Mon fils, Guillaume, âgé de quinze ans,
habitait avec
moi. Il n'allait plus à l'école, il me mentait
et puis
était dans le monde de la drogue. Je ne pouvais
plus
endurer cela. Il a fallu que je l'envoie vivre
avec son
père. Décision très difficile car son père
est alcoolique
et toxicomane. Et puis, dernièrement, mon
autre
fils Sébastien, âgé de vingt-deux ans, me
demanda de
revenir à la maison, parce qu'il était
fatigué et épuisé.
Il était lui aussi dans le monde de la drogue.
J'ai
dit oui, en sachant que ce n'était pas
indéfiniment,
mais seulement pour lui aider temporairement.

Avec mes prières et ma foi, je garde confiance
en mes
deux fils. Je les confie au Seigneur à tous les
jours.

Parce que c'est à moi et à chacune de nous que
Jésus
dit maintenant ce qu'il a dit un jour à
Zachée:
"Il faut que ce soir, j'entre
chez-toi!"
Je suis libre d'ouvrir ou non, de faire
confiance ou non.
Mais je suis invitée. Le mouvement du cursillo
est
une occasion unique d'accueillir Dieu dans ma
vie.

La foi, c'est avant tout un don gratuit de Dieu
et
puis ma foi n'a pas besoin d'être grande pour
agir
et porter du fruit. Pourvu qu'elle soit de bonne
source.

Ma foi, votre foi, garde Jésus vivant.
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