La famille, un défi
(Suite)


Nous avons vécu des périodes difficiles où chacun mettait
l'existence de l'autre en question. À travers ces durs moments,
j'ai découvert une fille forte, courageuse et généreuse.
Depuis juillet dernier, Véronique vit à Québec. Son départ
a causé un vide au sein de notre famille, mais je crois
que cela a permis à Philippe de mieux la comprendre
et de l'apprécier. Aussi, je crois que Véronique était
rendue au stade où elle avait besoin de se retrouver seule.
Malgré la distance qui nous sépare, je la sens plus proche
de nous qu'à l'époque où elle vivait à la maison.



Entre nos trois filles, il y a une belle complicité et un
grand respect. Dans notre couple, nous avons opté pour la franchise et
c'est ce que nous préconisons pour nos filles. Comme le vieux
adage dit: "Faute avouée est à moitié pardonnée". Je
préfère une vérité qui choque, qu'un mensonge bien déguisé.



(Philippe)

Au mois de juillet, la maladie est venue assombrir notre
vie familiale. Notre douce Valérie rencontre un médecin
pour soigner une otite. Quelques jours plus tard, rien ne
semble vouloir s'améliorer. Valérie que l'on était habitué à
voir courir, jouer et à dépenser beaucoup d'énergies, n'a plus
d'entrain, ne mange presque plus et est de plus en plus fatiguée.



Une semaine plus tard, elle revoit le médecin qui semble
diriger son diagnostic vers une mononucléose et qui demande
à la revoir dans quatre jours. Lors de cette troisième rencontre,
le médecin en la voyant dit à Patricia: "C'est l'hôpital
immédiatement pour des examens plus approfondis".



Lorsque Patricia est revenue à la maison en me disant cela,
moi qui me préparait à aller travailler, je n'avais qu'envie de les
suivre mais nous avons convenu que je devrais aller travailler
quand même et que s'il y avait du nouveau, elle me le ferait
savoir.



Vers 10 heures le soir, j'ai appelé chez-moi pour prendre des
nouvelles. Véronique m'a alors appris qu'elles devaient passer
la nuit à l'hôpital car Valérie était déshydratée et qu'elle
devait subir d'autres examens. Je peux vous dire que la deuxième
partie de la nuit, j'ai eu beaucoup de mal à rester concentré sur
mon travail. Le lendemain matin, la mère de Patricia s'amène
chez-moi pour me dire que je devais me rendre à l'hôpital le
plus rapidement possible et que je pouvais m'attendre au pire.
Comme réveil brutal, s'en fût tout un.



Lorsque nous avons rencontré le médecin et qu'il a examiné
la petite, il nous a dit que le lendemain les examens confirmeraient
son diagnostic mais qu'à 99% c'était la leucémie. Le lendemain
après la confirmation de la maladie, j'ai téléphoné à mon
travail et ils m'ont suggéré de rester auprès de ma fille aussi
longtemps que j'en aurais besoin et qu'ils comprenaient
parfaitement la situation. À partir de là, nous ne contrôlions
plus rien et on ne faisait que suivre la parade. Les premiers
jours sont ponctués de plusieurs examens et demandait
beaucoup à Valérie. Elle pleurait continuellement mais nous
ne pouvions rien y faire car c'était la procédure à suivre. Après
ces premières journées difficiles, tout semblait vouloir se
replacer et je songeais à retourner au travail. Patricia est
retournée à la maison pour régler certaines choses et durant la
soirée, nous nous sommes téléphonés et tout allait pour le mieux.


Suite