Ma maladie, éveil spirituel

 

Il y a 14 ans, lorsque j'ai accouché de mon deuxième enfant,
j'ai également permis la naissance d'une maladie: l'Ataxie.
   C'est une dégénérescence du cervelet,
ce qui entraîne de sérieuse pertes de coordinations et
de problèmes permanents quant à l'équilibre du corps.
Les premières années de co-existence avec la
maladie se sont déroulées comme dans un nuage.
C'est à dire qu'à cette époque j'avais deux enfants
en bas âge qui étaient ma priorité, donc pas le temps de
m'apitoyer sur mon sort .



Mais au fil des années  la maladie s'est faites plus insistante, mon corps qui
 jusqu'à là me suivait, s'est brusquement mis à me trahir.
Lentement, mais sûrement, la maladie s'installait. 
Ma motricité fine disparaissait, doucement 
sur la pointe des pieds, elle m'a quitté.
Au début, je m'aperçut des vices de la maladie, par la perte de l'écriture.  
 Cela m'a attristé mais j'ai compensé avec l'achat d'un ordinateur,
ce qui m'a permis de poursuivre mes créations littéraires.  
J'ai toujours aimé coucher sur papier
mes états d'âme et composer des poèmes.
Ensuite, vint  la dégénérescence la plus pénible, "mes jambes". 



Moi qui adorais danser avec mes enfants, des twist endiablés ou encore 
m'étourdir sur une chanson de mon adolescence (1960), je ne le pouvais
tout simplement  plus. Mes jambes refusaient obstinément de me suivre!  
 Mais, merci mon Dieu, je pouvais toujours marcher. 
Marcher, dis-je bien, car la course était rendue impossible.
Il y a cinq ans, grâce à une amie, j'ai assisté à une
rencontre qui changea ma vie.
Une conférence traitant du pouvoir que l'on accorde aux croyances,
aux objets et surtout aux souvenirs.
Aux souvenirs de ma vie "avant".
Avant je conduisais un véhicule, avant je dansais  sans invitation,
avant je courais à perdre haleine, avant je faisais du vélo.....
Je donnais tant de pouvoir aux souvenirs que le "maintenant" 
n'avais aucune place sur mon agenda. 
 De cette conférence, ma vision changea.



De l'handicapée handicapante que j'étais,
 je devenais l'handicapée performant dans un nouvel horizon.  
Je trouvai les outils nécessaires pour envisager l'avenir
avec une sérénité certaine.
S'en suivi de cette conférence, la découverte de lectures motivantes,
 plus spirituelles, me prouvant  que le corps n'est qu'un véhicule ,
mais un véhicule que l'on doit prendre soin. 
Que l'esprit autant que l'âme se cultive. 
J'ai appris que les épreuves nous font grandir...
Avec ma maladie, un réveil s'est opéré en moi ,
il se poursuit toujours, et ironiquement je vois beaucoup
d'apports  positifs qui juxtaposent la maladie. 
Je ne m'arrêtes plus sur mes pertes mais
bien sur le gains positifs.

En conclusion, à tous ceux qui soudainement êtes limités par une maladie,
 il ne faut jamais baisser les bras, croire que Dieu est là pour nous supporter.
Avoir foi qu'un être d'Amour veille sur nous et nous insuffle 
la force de nous battre si nous lui demandons.
Je dirais aussi qu'il y a toujours un moyen de vivre en harmonie avec une épreuve,
qu'on peut l'accepter avec le temps, que l'on peut pardonner
à la vie de vivre cette épreuve,
il s'agit de voir ce qu'elle peut nous apporter. 
Moi j'y ai trouvé la foi.



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