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HUMOUR
16

Les pôles à rideaux
Le premier jour, elle a emballé ses effets personnels dans des
boîtes,
des malles et des valises. Le deuxième jour, les déménageurs sont
venus
récupérer ses choses pour les déménager.
Le troisième jour, elle s'est assise pour la dernière fois dans leur
belle grande salle à dîner, à la lueur des chandeliers de marbre et
bercée
par une douce musique de fond. Elle s'est fait cadeau d'un festin de
crevettes,
de caviar et de Chardonnay.
Lorsqu'elle a terminé son repas, elle est allée dans chacune des
pièces de
la maison et a déposé, dans le creux des pôles à rideaux, quelques
coquilles
de crevettes à moitié entamées.
Elle a ensuite bien nettoyé la cuisine et a quitté la maison.
Lorsque son mari et sa nouvelle amie de coeur sont revenus à la
maison,
ils ont filé la parfait bonheur durant les premiers jours. Puis,
lentement,
la maison s'est mise à sentir mauvais. Ils ont tout essayé:
nettoyer, récurer,
frotter, cirer, aérer. En vain. Les conduits d'aération ont ensuite
été vérifiés
afin de s'assurer qu'il ne s'y trouvait pas de cadavres de rongeurs
en putréfaction.
Les tapis ont tous été nettoyés à la vapeur et ils installèrent des
purificateurs d'air
dans tous les coins de la maison.
Ils sont ensuite sortis de la maison pendant quelques jours, le
temps que des
exterminateurs fumigent la maison. Ils ont même dû faire remplacer
le tapis de
laine authentique pour une somme faramineuse.
Rien n'a fonctionné. Leurs amis ont cessé de venir leur rendre
visite,
les réparateurs ont commencé à refuser de venir travailler dans la
maison, la femme de ménage a donné sa démission...
Finalement, incapables d'endurer la pestilence, ils ont décidé
de déménager.
Un mois plus tard, bien qu'ils aient réduit leur prix de vente de
moitié,
ils ne trouvaient toujours pas d'acheteur pour leur maison puante.
Le
mot s'est passé et, éventuellement, même les agents d'immeubles ne
retournaient plus leurs appels.
En dernier recours, ils ont emprunté une importante somme d'argent
pour pouvoir s'acheter une autre maison.
L'ex-épouse de l'homme lui a alors téléphoné, histoire de prendre de
ses nouvelles. Il lui a raconté la sage de la maison puante. Elle
l'a écouté
poliment, puis lui a dit qu'elle s'ennuyait terriblement de cette
maison et
qu'elle serait prête à accepter de réduire ses demandes dans leurs
négociations
de divorce si elle pouvait ravoir la maison. Sachant que son
ex-épouse ne pouvait
s'imaginer à quel point les odeurs dans la maison étaient
pestilentielles et
insupportables, il consentit à lui laisser la maison pour le dixième
de la valeur
réelle de la maison, à la condition qu'elle signe les papiers le
jour même.
Elle accepta et dans l'heure, les avocats de l'ex-mari lui
renvoyèrent
les papiers.
Une semaine plus tard, l'homme et sa nouvelle amie affichaient un
sourire narquois tout en regardant les déménageurs emballer leurs
choses et les déménager dans leur nouvelle maison...
absolument tout, incluant les pôles à rideaux.
NON, MAIS, ON AIME ÇA QUAND ÇA FINIT BIEN, NON ???
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