Biographie du Saint Père



 



        Une enfance marquée par le malheur
 

À Wadowice, en Pologne, on a de quoi se réjouir dans la famille Wojtyla en ce 18 main 1920; Emilia Kaczorowska donne naissance au petit Karol, deuxième fils, après l'aîné Edmund, de Karol Wojtyla. Il naît 18 mois après l'accession à l'indépendance de la Pologne, qui avait passé 150 ans sous domination étrangère. La foi en Dieu et en la Vierge Marie a aidé le peuple polonais à survivre à toutes ces années de misère et d'oppression.

Le grand-père, Maciej Wojtyla, tailleur de métier, est originaire de Czaniec. Le père, Karol, a épousé une jeune fille de Wadowice, et ils se sont installés dans cette ville, située à environ 150km de Cracovie. Karol père a servi dans un régiment d'infanterie comme officier d'état-major de l'armée autrichienne, puis en tant que capitaine dans la nouvelle armée polonaise qui s'est formée au lendemain de la Première Guerre mondiale. Malheureusement, après avoir quitté l'armée, il ne bénéficie que d'une maigre pension qui suffit à peine à nourrir sa famille; sa femme doit donc faire de son mieux pour que la maisonnée joigne les deux bouts.


Il n'a que neuf ans lorsque sa mère décède
 

Le jeune Karol Wojtyla, surnommé Lolek, connaît donc un début de vie plutôt difficile. La situation financière de la famille est précaire, et la santé de la maman est très fragile. Karol n'a que neuf ans lorsque Emilia, souffrant d'une maladie chroniques des reins, meurt en donnant naissance à une petite fille mort-née. Lolek sent un énorme vide.
Le sort s'acharne sur les Wojtyla: quatre ans après la mort de sa mère, Edmund, 26 ans, le frère aîné, meurt des suite d'une scarlatine contractée à l'hôpital de Bielko, où il est médecin. Karol a treize ans et reste seul avec son père. Ce dernier est un homme droit, discipliné, obéissant et persévérant. Ce sont ces qualités qu'il tente d'inculquer à son fils. Doté d'une force intérieure inébranlable, tout en étant profondément humain et chaleureux, le père est un homme qui ne se laisse pas abattre. Il tient la maison, fait le ménage et veille au bon fonctionnement de son foyer. L'homme et l'enfant deviennent rapidement complices et s'épaulent mutuellement.

Karol Wojtyla incite son fils à poursuivre ses études. À 18 ans, Lolek et son père doivent déménager pour se rapprocher de l'université Jagellone de Cracovie. Ils s'installent dans un quartier populaire plutôt mal considéré. Les gens du coin ont même surnommé la rue où les Wojtyla élisent domicile "les catacombes de Debniki". À Wadowice, leur logement était confortable; leur nouvelle demeure l'est beaucoup moins. Il leur faut pourtant s'y habituer. Pour l'heure, les vacances scolaires arrivent, et Lolek est embauché dans une entreprise de construction de routes. Il y accomplit de nombreuses tâches manuelles, et l'expérience lui plaît beaucoup. À la rentrée scolaire, il est astreint, en cet été 1939, à suivre un entraînement militaire dans la Légion universitaire. Pendant quelques mois, il participe à des manoeuvres militaires, comme ses camarades. Puis, chacun peut rentrer chez soi pour profiter de la vingtaine de jours qu'il reste avant la prochaine rentrée scolaire.

     Il évite la déportation dans les camps nazis...
 

Malheureusement, septembre voit tomber sur la Pologne les premières bombes allemandes. Cracovie n'échappe pas au bombardement qui a pour but de semer peur et désordre dans les principales villes du pays. La rentrée scolaire est compromise, surtout que les nazis envahissent le pays, ferment les universités, déportent et emprisonnent les professeurs. Toutefois, des organisations clandestines voient le jour, et Karol reprend ses cours. Mais il doit aussi travailler pour assurer son pain quotidien et celui de son père. Il accepte un poste d'ouvrier dans une carrière afin d'éviter la déportation dans un camp de travail en Allemagne.

Tous les matins, à pied, pauvrement vêtu, sac de travail au dos, le jeune homme de 19 ans prend la roue de la carrière où, toute la journée, il s'abîme les mains sur les pierres, emplissant des brouettes et les déchargeant plus loin. Ballet infernal par des froids souvent intolérables. Malgré tout, le soir, Karol continue d'étudier. Mais il abuse de ses forces et un jour, épuisé, il s'effondre en pleine rue. Un camion allemand le heurte... et poursuit sa route. Un Polonais de plus ou de moins! Découvert une dizaine d'heures plus tard et transporté à l'hôpital, on diagnostique une fracture du crâne. Il reste quelques semaines en convalescence avant de reprendre ses nombreuses et harassantes activités.

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