
Je pensais que ça n'arrivait qu'aux autres
(Le refus)
C'est drôle, mais parfois je me sens coupable d'être
malade. Comme si je l'avais mérité!
Pourtant, je n'ai rien fait de si mauvais...
C'est comme si je voyais cette maladie comme une
punition de Dieu.
Comme si je devais lier la maladie à un péché quelconque.
Lier la maladie à la justice.
Mais qu'est-ce que j'ai bien pu faire au bon Dieu?
Ce serait si facile: les bons seraient récompensés,
les mauvais punis! À eux la maladie... À moi la santé...
Parfois, je le sais, je pense tout croche.
J'aimerais qu'il y ait des différences... Que tout le monde
ne soit pas traité de la même façon.
Pas seulement des différences dans les satisfactions, car je
sais bien qu'il y a plus de satisfaction à être juste qu'à être
injuste;
pas seulement non plus des différences dans la joie, car je sais
bien
qu'il y a plus de joie à être bon que mauvais.
Pour tout dire, il m'arrive d'espérer que les bons soient mieux
traités que les méchants et les justes mieux que les injustes.
Je voudrais que la maladie soit destinée aux autres et qu'elle
m'épargne moi...
Je souhaiterais que les accidents soient évitées aux bons et
réservées aux méchants.
Je sais, c'est penser tout croche... N'empêche que je
le sens en dedans.
C'est comme si je voudrais une religion porte-bonheur.
Seulement, il semble bien que le signe du Christ n'est pas
un trèfle à quatre feuilles mais une croix.
Pourtant, je ne suis pas sûr d'être prêt à
accepter ça maintenant.
C'est vrai que toi-même, Seigneur, tu ne t'es pas
mis hors souffrance. Tu l'as eu ton Vendredi Saint!
Serais-tu en train de m'enseigner quelque chose?
Si je comprends bien, tu ne nous élèves pas à l'abri
de la souffrance mais au travers d'elle.
N'empêche... le mystère de la souffrance reste entier...
pour moi en tout cas!
Heureusement, excuse-moi de le dire, que tu as vécu
ça toi aussi!
Ainsi, je te sens plus proche de moi, plus proche de ce que
je vis actuellement.
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