
Des trésors dans le ciel
(L'accueil)
Aujourd'hui, un de mes associés est venu me voir.
Ensemble, nous avons trimé dur pour monter notre société.
Ça n'a pas toujours été facile, mais nous avons réussi.
Même si, parfois, nous avons dû écraser quelques personnes
en cours de route.
Même entre nous deux, les confrontations, par moments, ont
été assez sévères... jusqu'à l'affrontement verbal.
Nous nous sommes traités de tous les noms de façon très peu
respectueuse.
Alors, aujourd'hui, j'ai voulu lui demander pardon.
Les larmes ont coulé; il m'a serré dans ses bras... lui aussi
s'est excusé!
Puis nous avons parlé de la compagnie et notre réussite.
Amassez-vous des trésors dans le Ciel... dit l'Évangile.
Il nous est difficile de croire à des trésors si lointains,
et nous n'accordons guère de valeur qu'aux trésors que nous
pouvons tenir sous la main ou serrer sur notre coeur.
C'est un tel point que, non seulement nous aimons vivre les
mains pleines, mais en plus nous craignons terriblement de
mourir les mains vides.
On n'emporte rien avec soi.
Nous ne citons ce proverbe avec calme que lorsqu'il s'agit des
autres, mais l'idée seule que je doive à mon tour tout quitter me
plonge dans une grande agitation et me pousse à me refermer encore
davantage sur mes biens.
Tout cela me fait penser à cette poignée de sable que je tenais
dans la main l'an passé, pendant mes vacances à la plage.
Quand j'essayais de le retenir, en refermant le poing, le sable
s'écoulait entre mes doigts, mais, lorsque j'ouvrais la main,
la paume tournée vers le ciel, le sable de se perdait plus.
C'est dommage, disent certains de mes compagnons de travail,
que nous ne puissions pas garder notre argent là-haut.
Là, ils se trompent, n'est-ce pas Seigneur?
Nous pouvons très bien avoir là-haut, notre trésor avec nous.
Seulement, il nous faut l'envoyer avant... il nous faut l'offrir,
en ouvrant les mains vers le ciel.
Seigneur, enseigne-moi le détachement.
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