Prière de sérénité
(La sérénité)

Dimanche matin, je pars à la messe avec ma femme et mes
deux enfants.
Je suis heureux: heureux de vivre, heureux de la nature qui
s'habille de printemps, heureux d'aller à la rencontre du Dieu
de l'Espérance.
J'oublie pour un instant, que mes jours sont comptés.
Je goûte chacun des petits miracles du quotidien.
À l'église, un texte merveilleux fait son chemin en moi:

Il y a un moment pour tout et un temps pour chaque chose sous le ciel,
un temps pour enfanter et un temps pour mourir,
un temps pour planter et un temps pour arracher le plant,
un temps pour tuer et un temps pour guérir,
un temps pour détruire et un temps pour bâtir,
un temps pour pleurer et un temps pour rire,
un temps pour se lamenter et un temps pour danser,
un temps pour se taire et un temps pour parler,
un temps pour aimer et un temps pour haïr...

Ce texte de Qohélet continue de dérouler sa sagesse à
mes oreilles pendant que je me remémore la prière de Sérénité
des Alcooliques Anonymes:

Seigneur, donne-moi la sérénité d'accepter les choses que je
peux changer,
le courage de changer les choses que je peux
et la sagesse d'en connaître leur différence.

Du coup, l'action de grâce a jailli de mon coeur en fête:
Je te remercie, Seigneur, de m'avoir donné la vie et de l'avoir
préservée jusqu'à maintenant.

Je te remercie de m'avoir gardé ta fidélité, alors même
que je te blâmais pour tous mes malheurs.
Je te remercie d'avoir accroché au temple de mon quotidien
l'étoile de la foi qui m'enrichit d'espérance.
Je te remercie d'avoir placé sur mon chemin, dans la joie comme
dans les épreuves, un être merveilleux qui a su me comprendre et
me donner la main.
Je te remercie encore de nous avoir donné ces deux admirables
enfants garants de ma descendance.
Je te remercie de faire renaître en eux cette vie qui ne m'échappe
pour mieux ressusciter.
Et comme aucune de ces joies n'aurait pu être aussi complète sans
l'acceptation de ma maladie, permets qu'à genoux, je te dise:
merci, Seigneur, de m'avoir offert cette épreuve terrible.
Elle aurait pu m'écraser... Qui sait si elle n'y parviendra pas un jour?
Mais je crois qu'elle peut aussi m'élever jusqu'aux cimes.

Et je veux enfin croire que je serai au bout de mes peines
lorsque je serai heureux de mes peines.


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