Au secours!
(La dépression)


Suite à une crise aiguë, j'ai dû être transporté
d'urgence à l'hôpital.
Mon épouse a appelé l'ambulance malgré mes réticences.
Les médecins ont tout de suite décidé de m'opérer.
Cependant, en cours d'opération, constatant les dégâts causés
par la maladie et que la tumeur cancéreuse du côlon avait atteint
une partie de la colonne vertébrale, ils n'ont fait que dévier le
tube intestinal sur le côté et m'ont posé un sac d'évacuation.
Ils n'ont pas pu enlever la tumeur... le mal était trop répandu.

Ensuite, le réveil a été très pénible.
Je sais maintenant qu'il va me falloir vivre avec équipement
artificiel pour le reste de mes jours. Je me sens humilié...
On m'apprend comment vivre avec cet expédient médical.
J'ai pleuré la première fois que j'ai essayé de changer le sac
moi-même: je n'y suis même pas arrivé, car je ne supportais pas
l'odeur. Mon épouse, si dévouée, l'a fait avec beaucoup de délicatesse
et de tendresse.
Oh! Combien j'ai besoin d'elle, de son support affectif, de sa
patience amoureuse. Si je ne l'avais pas...

Parfois, quand nos yeux se croisent, je lis sa peine.
J'anticipe et j'appréhende le chagrin que provoquera en elle
mort prochaine.
Je veux crier: au secours!
Mais je me retiens pour ne pas augmenter sa douleur!

Mon Dieu, viens à mon aide!
Si tu savais ma panique intérieure.
Mais oui, tu la connais. Tu vis ça de l'intérieur, avec moi, en moi.
Reste avec moi, Seigneur, car le jour baisse.
Ne t'en vas pas, car la nuit approche...
J'ai besoin de ta présence... en mon épouse.



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