À qui s'adresse l'allégorie?


Les histoires métaphoriques s'adressent à tout le monde: jeunes, adultes ou personnes vieillissantes.
Qu'il s'agisse de cinéma, de théâtre, d'émissions de télévision, de romans, de légendes, de chansons ou
de récits populaires, nous avons tous des histoires, comme le dit Vanasse, vers lesquelles nous nous
tournons et retournons quelquefois avec plus ou moins d'avidité.

Nous avons tous besoin d'entendre des histoires et de nous référer à elles, non seulement pour nous
divertir mais surtout pour écouter ce qu'elles ont à nous dire. Car le propre des histoires, c'est
qu'elles parlent: elles parlent de nous, des autres, de nos relations avec autrui.

Rappelons-nous combien de fois nous avons par exemple écouté, à des périodes difficiles de
notre vie, telle chanson ou tel chanteur ou lu et relu tel texte pour le message qu'ils nous
transmettaient et le bien-être intérieur qu'ils engendraient en nous.

Chez les enfants, le phénomène est cependant moins complexe car ces derniers sont plus
réceptifs. Un fait vécu où intervient une allégorie illustrera le phénomène.




Silvie avait presque deux ans lors de l'arrivé de sa petite soeur dans la famille.
Jusque-là tout allait bien, mais après sept mois, Silvie recommença à faire pipi au
lit, dans le salon et un peu partout. Après avoir tout tenté, on décida que papa
interviendrait le lendemain en lui racontant l'histoire suivante:

" Il était une fois, dit-il, une petite grenouille qui s'appelait Artémis. Elle vivait
avec son papa et sa maman, heureuse et sans souci. Un jour son papa et sa maman
partirent dans les bois et revinrent avec une autre petite grenouille. D'abord,
Artémis fut contente, et puis elle commença à ne plus être aussi heureuse qu'avant.
Elle se dit: "Vraiment, ma vie n'est plus pareille. Depuis que ma soeur est arrivée,
on ne s'occupe plus de moi de la même façon. C'est d'elle d'abord qu'on se
préoccupe. On la soigne, on lui sourit, on joue avec elle, on parle beaucoup
plus d'elle que de moi.

Un jour, son papa invite Artémis à partir en promenade avec lui. Ils marchent
tous les deux et,  dans la rue, ils rencontrent un homme que le papa connaissait
bien. C'était un ami à lui, mais ils ne s'étaient pas vus depuis longtemps. Le
monsieur dit au papa: "C'est à vous cette petite grenouille? Comment s'appelle-elle?
Artémis? Comme elle est grande! Elle fait des tas de choses toute seule maintenant.
Elle marche, elle chante, et je suis sûr qu'elle aide déjà sa maman. Elle n'a plus
besoin qu'on s'occupe tout le temps d'elle, à présent". Le papa d'Artémis était
fier d'entendre le monsieur dire cela à la petite grenouille. Il était content et
Artémis aussi. Et ils revinrent à la maison encore plus heureux qu'avant".

À la suite de cette allégorie, l'attitude de Silvie changea. Elle redevint propre.
Souvent elle demandait qu'on lui raconte de nouveau l'histoire d'Artémis. Un jour,
on la surprit même en train de se la raconter devant un miroir.

L'histoire d'Artémis indique à Silvie une ébauche de solution en lui faisant
comprendre qu'il y a une autre façon d'obtenir l'amour de ses parents. Il
n'est plus nécessaire pour elle de "régresser"; c'est plutôt en "grandissant"
qu'elle attirera l'attention dont elle a besoin.




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